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Marche Ceramique Bussiere Badil 2026 Visuel

Marché céramique

Du 14 au 17 mai 2026 A Bussière Badil

Le 49ème Marché céramique de Bussière-Badil accueille deux invitées d’honneur : Ingrid Van Munster, qui présentera une exposition personnelle dans l’église du village, et Léa Zanotti, invitée à réaliser une performance de décor face au public. Leurs œuvres, traversées cette année par une dominante de bleu, témoignent de la richesse expressive de la céramique contemporaine. Entre porcelaine fine gravée et formes sculpturales aux textures minérales, leurs créations explorent la couleur comme matière, comme profondeur et comme expérience sensible.
Au programme : Marché céramique, démonstration, création en public d’une grande pièce, atelier Modelage, espace vidéo films sur la céramique, exposition… dans une ambiance chaleureuse et ouverte à tout.e.s.

M'y rendre

Histoire d'une foire

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Marche Ceramique Bussiere Badil 2026

C’est à Bussière Badil, en 1977, qu’un groupe d’anciens élèves des « Arts déco » de Strasbourg (parmi lesquels se trouve un habitant du village), crée la première édition de la « Foire des Potiers » qui sera également le premier marché de potiers organisé en France.
Cet évènement, rebaptisé depuis « Marché céramique », à lieu tous les ans à l’ascension, au coeur du petit village situé au nord du département.
Il est organisé par l’association Quatre à Quatre, qui oeuvre pour promouvoir les métiers de la céramique, avec le soutien de collectivités territoriales et de structures locales.

Le mot de Quatre à Quatre

Cette année, nos deux invitées présentent des oeuvres traversées par une dominante de bleu. Léa Zanotti dont la porcelaine fine, poétique et gravée révèle un trait graphique et une délicatesse organique. Et Ingrid Van Munster dont la céramique sculpturale, expressive et déformée vibre en accord avec des émaux mats et des textures minérales.

À un moment où certaines forces politiques tentent de s’approprier les couleurs pour les réduire à des signes identitaires, nous avons souhaité affirmer autre chose.

Ce bleu n’est pas un drapeau.
C’est une matière, une profondeur, une expérience.
Dans ces oeuvres, le bleu ne ferme pas : il ouvre.
Il circule, il se transforme, il résiste à la fixation.
Il est le produit d’un geste, d’un temps long, d’un rapport sensible à la matière — tout l’inverse d’un symbole figé et instrumentalisé.
Car l’art demeure un lieu où les symboles se déplacent, se complexifient, se libèrent.
Ce bleu-là ne cherche pas à exclure.
Il nous rappelle ce qui est commun à tous.
Et surtout, ne se possède pas.

A Bussière-badil, cette année, le bleu regagne sa charge poétique !Et malgré notre dépendance aux financements publics qui rend notre association vulnérable aux arbitrages budgétaires, nous résistons et continuons d’honorer notre mission essentielle : créer, transmettre, rassembler.

En effet, en milieu rural, une association culturelle est souvent l’un des rares espaces de rencontre et d’expression qui dynamisent la commune et contribuent à l’attractivité du territoire. Sa disparition peut entraîner un appauvrissement culturel mais aussi social et économique.

Dans un moment où les choix publics pèsent sur la culture, puissions-nous continuer à faire vivre la couleur là où elle se doit d’être : dans la création, la culture et le geste, comme au Marché céramique de Bussière-Badil.

Au programme

En continu du Jeudi 14 au Dimanche 17 mai 2026

  • 10h – 19h : Ouverture du marché avec 44 céramistes sous la Halle.
  • 10h – 19h : Démonstration par Léa Zanotti – Virtuose du sgraffito à l’inspiration naturaliste.
  • 10h – 19h : Exposition « Sculptures méditatives pour un monde fragile » par Ingrid Van Munster, dans l’église.
  • 10h – 19h : Librairie Terre d’Aligre. Une offre, la plus exhaustive possible, de livres sur le thème de la céramique : ouvrages techniques, catalogues d’expositions, monographies d’artistes, histoire et géographie de la céramique…
  • 10h – 12h / 14h – 18h : Atelier modelage, par la céramiste Manon Margottet.
  • 10h – 18h : Projections vidéos dédiées à la pratique céramique en continu.

Prix du public : Tout au long du week-end vous pourrez voter pour votre stand préféré. Le gagnant du tirage au sort remportera une pièce du céramiste élu.

Retrouvez la liste de tous les exposants dans le dossier de présentation de l’édition 2026

Les temps forts du Marché

Vendredi 15 mai 2026

  • 17h30 : inauguration et vernissage de cette 49ème édition.

Dimanche 17 mai 2026

  • A partir de 18h : Remise du prix du Public 2026 avec annonce du gagnant tiré au sort, qui remportera une pièce d’une valeur de 200€ sur son stand préféré.
  • 19h : Clôture de cette 49ème édition, à l’année prochaine.
Création en public d’une sculpture

Léa Zanotti

"Virtuose du sgraffito à l’inspiration naturaliste"

Lorsque l’on découvre pour la première fois le travail de Léa Zanotti, le regard est happé par la finesse des traits, la subtilité des bleus et des noirs, la lumière qui joue dans chaque motif. Des formes sobres en porcelaine coulée accueillent des paysages esquissés, des insectes ou des poissons qui seraient extraits des planches d’un naturaliste, ou encore des motifs ornementaux ponctués d’or, inspirés des tapisseries anciennes.

Les plats, tasses et vases ornés d’insectes, de poissons ou de végétaux ouvrent la porte de son univers. Son oeuvre puise presque exclusivement dans le monde du vivant, observé avec une attention proche de celle des entomologistes. Son regard, à la fois scientifique et poétique, révèle la complexité, la fragilité et la beauté discrète de la nature. Elle compose ainsi des décors d’une minutie remarquable, et l’on se prend à imaginer son atelier de Graulhet, près de Toulouse, tapissé de planches d’histoire naturelle.

Un autre versant de son travail se dévoile dans les petits bols-paysages. Plonger le regard dans ces pièces, c’est être saisi par une atmosphère : l’humidité de l’air, le frémissement des branchages, le murmure d’un lac en contrebas semblent presque perceptibles. Chaque bol s’ouvre comme une fenêtre sur un monde miniature, en noir et blanc, délicat comme une aquarelle, précis comme une photographie. Il est difficile de croire que ces scènes d’une finesse extrême sont uniques et entièrement peintes à la main.

Léa Zanotti commence certaines journées par le coulage de nouvelles pièces, puis consacre le reste de son temps au décor des pièces déjà prêtes. Dans son petit atelier, casque sur les oreilles, portée par un livre audio ou un podcast, elle enchaîne les pièces avec une patience inlassable. Il est difficile d’imaginer le temps nécessaire à ces motifs aux innombrables détails. Une chose est certaine : ces gestes exigent lenteur, précision et constance. À la manière d’une brodeuse, elle gratte la surface bleue pour faire réapparaître le blanc de la porcelaine. Graver, épousseter, délier le poignet pour épouser la courbe et laisser vibrer l’outil — ici, l’approximation n’a pas sa place.

Ainsi, chaque pièce de Léa Zanotti révèle la minutie et la poésie du vivant, invitant le regard à s’y perdre avec émerveillement.

Exposition

Ingrid Van Munster

Sculptures méditatives pour un monde fragile

En 2025, la petite église romane de Bussière-Badil accueillait les personnages dégingandés de Jean-Raymond Meunier. Entre tendresse et dérision, ils nous parlaient de l’équilibre fragile de la vie. Une thématique qui reste d’actualité tant l’univers d’Ingrid Van Munster – un fragment de monde où se croisent références naturelles, cosmiques et humaines – invite à l’introspection.

Dans son atelier de Limbrassac, en Ariège, Ingrid Van Munster tourne des formes sphériques ou ovoïdes en grès porcelainique. À consistance cuir, elle intervient sur les volumes pour rompre la perfection mécanique du tour, introduire un mouvement, une tension ou une ouverture. Après une première cuisson, les pièces sont émaillées par aspersion. Il en résulte des coulures, des superpositions ou des zones de manque, qui confèrent à la pièce son rythme et sa cadence. Révélés par la cuisson en réduction, les émaux, très mats et veloutés au toucher, offrent une riche palette de nuances ponctuées de subtils mouchetés.

Les pièces d’Ingrid Van Munster composent des mondes sensibles, traversés par une présence diffuse de la nature. Elles évoquent tantôt une expérience immédiate – un souffle de vent, une pluie persistante, une aube, un orage – tantôt une vision plus distante, comme la Terre observée depuis le ciel ou, à l’inverse, le ciel perçu depuis la Terre. La couleur y joue un rôle fondamental : parfois brute, parfois subtilement nuancée, elle modifie les échelles de perception et invite à un jeu constant entre le détail et le panorama.

Les formes, volontairement sobres, laissent toute leur place à ces évocations. Beaucoup de ses pièces jouent sur la dualité entre solidité et vibration : un monolithe ou un volume massif peuvent sembler stables, mais des nuances de couleur ou des ouvertures introduisent un mouvement subtil, presque organique. Il y a un rythme latent, comme un souffle ou une circulation d’énergie à l’intérieur de la matière.

Infos pratiques

  • Ouverture de 10h à 19h.
  • Entrée libre et gratuite
  • Buvette et petite restauration sur place.
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