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Martin Walker

"Journaliste écossais, auteur de la série de romans policiers Bruno Courrèges
Vallée de la Vézère, un décor qui captive la planète

Correspondant à l'étranger pendant de longues années pour le quotidien britannique The Guardian, le journaliste écossais Martin Walker, installé au Bugue, fait rayonner l'aura de la Dordogne dans le monde entier à travers les aventures de son héros Bruno Courrèges. Il a reçu récemment la médaille nationale du tourisme échelon or.

 

Des grottes ornées de Cro Magnon aux habitats troglodytes du Moyen Âge, la vallée de la Vézère, porte la trace de ces sociétés anciennes. Aujourd’hui, les châteaux médiévaux et renaissance veillent sur cette terre d’histoire, de légendes et de mystères.

Entre Martin Walker et le Périgord, la rencontre s’est faite d’abord autour de la gastronomie. Au début des années 1980, le journaliste écossais couvre la Perestroïka et les années Gorbatchev depuis son bureau de Moscou pour le quotidien The Guardian. L’événement le passionne, mais le « Borshtch » ou le « bœuf Stroganov », spécialités locales, beaucoup moins. En vacances chez des amis britanniques installés en Dordogne, il découvre alors l’ambiance des marchés, le goût de la truffe et du canard. Martin Walker est ébloui par la qualité de vie. Il commence à venir plus régulièrement, visite les lieux et posera finalement ses valises de globe-trotter international, ici, dans le village du Bugue, aux portes de la Vézère.

« En 1998, j’étais à la Maison Blanche, j’avais décroché une interview avec le Président Clinton. Un peu nerveux, j’attendais d’entrer dans le bureau ovale, quand ma femme, Julia, me téléphone et m’annonce qu’elle a trouvé « notre maison » dans le Périgord ! Moi, je n’étais pas vraiment au courant que nous déménagions. Mais bon, ma femme a toujours raison », raconte-il avec son humour so british.

 

"Avant, j’écrivais des livres sérieux"

Martin Walker l’assure : la Dordogne a définitivement changé sa vie. Très vite, le journaliste, historien de formation, se prend de passion pour les grottes et l’art pariétal. Mais pour raconter la vie des hommes préhistoriques, l’enquête journalistique ne suffit pas et la fiction s’impose. Il écrit un premier roman « Les grottes du Périgord », « car si on veut décrire et raconter cette société, vieille de 18 000 ans, il faut d’abord l’imaginer » assure-il encore. Publié en Grande-Bretagne, aux États-Unis puis dans divers pays d’Europe, le livre fait un tabac. Il devient numéro 8 des ventes pour le Washington Post. Martin Walker décide alors de se lancer dans la fiction :  cette terre d’histoire et de légendes, de gouffres profonds, de grottes et de calcaire ouvre les portes de son imaginaire.

« Avant de venir ici, j’écrivais des livres sérieux, des essais politiques. Aujourd’hui, je raconte les aventures de mon héros Bruno Courrèges, policier municipal et cuisinier amateur. Ce personnage est directement inspiré par la vie de mon copain Pierrot Simonet, véritable policier municipal au Bugue ! Ma femme Julia, qui décidemment a toujours raison, m’a conseillé d’en faire une série. Bingo ! »

Car la série cartonne. Traduites en 18 langues et vendues à 4 millions d’exemplaires à travers le monde, les histoires de Bruno Courrèges captivent la planète et font rayonner le charme et la culture périgourdine bien au-delà de nos frontières. Le succès est si fulgurant que Martin Walker décline son sujet et publie le livre des recettes de Bruno Courrèges. Aussi sec, il remporte le prix « Gourmand International » du meilleur livre de cuisine française du monde.

 

Une terre de résistance

« Un comble pour un Écossais, non ? », s’amuse Martin Walker qui aligne les distinctions et savoure son succès avec la même gourmandise qu’un plat parfumé aux truffes. Car aujourd’hui, l’Écossais est membre de la confrérie du pâté et de l’Académie des lettres et des Arts du Périgord, mais aussi Grand Consul de la ville de Vinée, ou encore Chevalier de la Confrérie du Raisin d’or et Ambassadeur de la Confrérie de Chabrol du pays de Montaigne.

« Ça me plaît beaucoup, j’aime me sentir intégré et vivre comme les Périgourdins : cuisiner, m’habiller en tenue médiévale et partager un repas ensemble. Le peuple de Dordogne est avant tout chaleureux et j’y ai reçu un accueil magnifique », se réjouit-il.
Entre deux romans – il en publie un chaque année, mais seulement trois sont traduits en français – Martin Walker rédige des chroniques sur le vin du Périgord pour un journal anglo-saxon. Et s’il n’en finit pas de se plonger dans l’Histoire du pays, fasciné par les mystères de la Préhistoire, mais aussi par la guerre de 100 ans, Charlemagne ou encore les relations complexes entre les Gascons et les Britanniques, le journaliste est fier de se sentir ainsi appartenir à « cette terre de résistants ».